Evaluation des pesticides sur les abeilles : L’UNAF dénonce l’hypocrisie et l’inconséquence des Etats européens

 

Depuis plusieurs années, la majorité des Etats européens s’obstine à refuser d’appliquer le document le plus adapté pour l’évaluation de l’impact des pesticides sur les abeilles. Les discussions entre Etats prévues pour les prochains jours seront décisives. Selon l’UNAF, il y a un risque réel qu’en la matière, l’Europe retourne 10 ans en arrière.

 

Depuis 2013, l’EFSA a proposé un nouveau document d’orientation d’évaluation des impacts des pesticides sur les abeilles. Il prend en compte les différentes voies d’exposition des abeilles (pollen, eau, poussières, etc.), la toxicité aigüe et chronique pour les larves et les abeilles adultes, il tient compte des effets sublétaux et cumulatifs et il propose une évaluation spécifique pour les bourdons et abeilles sauvages. C’est donc à ce jour le document le plus adapté pour évaluer de manière rigoureuse les impacts des pesticides sur les abeilles et les pollinisateurs sauvages.

 

Pourtant, fin octobre (1), les Etats membres, réunis en comité permanent à Bruxelles, ont encore une fois informé la Commission de leur désaccord pour une application de ce document d’orientation (2 - voir le détail des positions par Etat plus bas). Au prochain comité de décembre (3), la Commission présentera une nouvelle proposition consistant en la seule application des tests de toxicité aigüe et repoussant de plusieurs années les tests de toxicité chronique et sublétale, alors même que les effets chroniques et sublétaux sur les abeilles sont documentés depuis de nombreuses années. Les évaluations sur les abeilles sauvages et les bourdons seront également repoussées bien que ces populations d’insectes soient encore plus vulnérables aux pesticides.

 

La situation des abeilles et des pollinisateurs sauvages est alarmante : les apiculteurs français perdent chaque année 30% de leurs colonies d’abeilles, et en 25 ans, les populations d’insectes volants ont chuté de 80% selon une étude allemande.

 

Pour Gilles Lanio, Président de l’UNAF : « Refuser l’application de ce document revient à occulter dans l’évaluation des pesticides tout un pan des connaissances scientifiques en matière d’impact de ces produits sur les pollinisateurs et c’est scandaleux. Aujourd’hui, les masques tombent. Certains Etats européens, qui par ailleurs font mine de s’alarmer du déclin des abeilles, font le choix POLITIQUE de privilégier les pesticides au détriment des pollinisateurs. »

 

 

La France s’est déclarée favorable à l’application de ce document d’orientation. Nous l’appelons à déployer tous les efforts nécessaires pour une adoption européenne rapide du document d’orientation dans son ensemble. 

Novembre 2018 - Nouveau rapport UNAF :   Comment les pesticides utilisés dans les élevages menacent les abeilles

https://www.unaf-apiculture.info/IMG/pdf/rapport_pesticideselevageabeilles_vf_final_112018.pdf

Depuis plusieurs années, dans différentes régions de France, des épisodes de mortalités d’abeilles sont apparus à proximité d’élevages animaux : 2008-2009 en Ariège, 2010 en Aveyron, 2013-2014 dans l’Est des Pyrénées, plus récemment dans la Plaine de la Crau.

 

Pour mieux comprendre ces phénomènes, nous avons commandé un rapport dans le but de dresser un état des lieux des insecticides utilisés dans les élevages bovins et ovins, de comprendre leurs mécanismes d’actions sur les abeilles, d’interroger leurs règles de mise sur le marché et de mesurer les risques pour l’activité apicole.

 

Réalisé sous la direction scientifique de Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS, avec le concours de la Fédération Française des Apiculteurs Professionnels (FFAP) et de l’organisation européenne Bee Life, ce rapport confirme les risques que représentent les pesticides utilisés dans les élevages pour les abeilles et le déficit de prise en compte de ces dangers dans les évaluations des produits et dans l’encadrement de leur utilisation. Vous pouvez lire le rapport à ce lien et notre communiqué ICI.

 

Ce rapport scientifique n’est qu’un début. Il va nous servir de base pour rencontrer les ministères, l’Anses et les organisations de vétérinaires, afin que le risque soit mieux pris en compte et que les pratiques de traitement soient mieux encadrées. Nous allons également solliciter l’intervention des parlementaires. Nous pourrons également mener d’autres actions.

 

N’hésitez pas de votre côté à vous saisir de ce rapport : le parcourir, le diffuser à vos adhérents, sur vos sites et réseaux sociaux.

 

Très bonne journée à toutes et tous,

 

Anne Furet

Chargée de projet "Environnement de l’Abeille"

Union Nationale de l'Apiculture Française

Tél.: 06 28 20 76 10

www.unaf-apiculture.info

 

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